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Droit de propriété en Israël : étendue, inscription et exceptions

Ce que recouvre le droit de propriété en Israël, les exceptions à connaître et pourquoi l’inscription au registre foncier est décisive.

Par Me Noam Gottlib, avocat

Les droits réels immobiliers sont, en Israël, le socle juridique des rapports entre une personne et un bien. Consacrés par la loi foncière de 1969, ils définissent l’étendue du contrôle, de l’usage et de l’exploitation dont dispose une personne physique ou morale sur un bien immobilier, du droit le plus large, la propriété, jusqu’à des droits plus étroits comme le droit de préemption. Ils peuvent être cédés, grevés ou limités, aux conditions fixées par la loi. Ce système irrigue de nombreux pans de la vie, du logement aux affaires, de l’agriculture à l’urbanisme, et apporte la sécurité juridique qui permet de gérer efficacement les ressources foncières du pays. Quiconque intervient dans l’immobilier, l’urbanisme et la construction, ou envisage d’acheter ou de vendre un bien, doit connaître ces droits : ce sont eux qui fixent les limites de ce qui est permis et les protections dont dispose chaque partie.

Les cinq droits réels immobiliers

Qu’est-ce que le droit de propriété ?

La propriété est le plus large et le plus complet des droits réels immobiliers, un droit presque illimité. Si vous êtes propriétaire d’un appartement, vous pouvez le détenir, l’utiliser, y faire ce que bon vous semble et conclure à son sujet toute opération, sous réserve des restrictions prévues par la loi ou par un contrat.

Deux maisons reliées par une allée en béton : volets verts anciens, pierre neuve
La propriété est le plus large et le plus complet des droits réels immobiliers, un droit presque illimité : détenir le bien, l’utiliser, y faire ce que bon vous semble et conclure toute opération, sous réserve de la loi ou d’un contrat. Le même droit soutient la maison ancienne et la neuve.

L’étendue du droit de propriété

  • La propriété d’un terrain s’étend à toute la profondeur du sous-sol (sous réserve des règles relatives aux sites archéologiques, à l’eau, au pétrole, aux mines, aux substances minérales, etc.) et à l’espace aérien qui le surplombe (ce qui n’empêche pas, dans le respect de la loi, le passage dans cet espace : un avion qui survole la maison, par exemple).
  • Elle s’étend aussi aux constructions et aux plantations, ainsi qu’à tout ce qui est fixé à demeure au terrain.
  • Une opération immobilière porte à la fois sur le terrain et sur l’ensemble de ces éléments. Une opération sur une partie déterminée du terrain, c’est-à-dire matériellement délimitée, n’a pas d’effet réel, sauf disposition contraire de la loi (les exceptions sont présentées plus bas).
Homme allongé dans un hamac sous un arbre, main en visière, traînée d’avion au-dessus
La propriété d’un terrain s’étend à toute la profondeur du sous-sol et à l’espace aérien qui le surplombe, dans le respect de la loi : l’avion qui survole la maison ne commet aucune intrusion.

Opération immobilière : pourquoi l’inscription est décisive

Une opération immobilière est le transfert de la propriété, ou d’un autre droit sur un bien immobilier, par la volonté du cédant (à l’exclusion de la succession testamentaire). Elle suppose l’inscription au registre foncier (Tabou) et ne s’achève qu’avec elle : l’inscription parfait le droit contractuel de l’acquéreur et en fait un droit réel inscrit, tandis qu’une opération non inscrite n’a que la valeur d’un engagement à conclure l’opération. Sur un terrain dont les droits ont fait l’objet d’un règlement foncier (un terrain « réglé »), l’inscription fait pleinement foi de son contenu et garantit la validité du droit inscrit ; sur un terrain non réglé, elle n’est qu’un élément de preuve de son contenu et ne garantit pas la validité du droit. Celui qui acquiert un droit sur un terrain réglé à titre onéreux, en se fiant de bonne foi à l’inscription, voit donc son droit prévaloir, même si l’inscription était erronée.

Une femme cueille une grenade dans la cour, un panier en osier au bras
Qui achète la maison achète aussi le grenadier de la cour : une opération immobilière porte à la fois sur le terrain, sur les constructions et sur les plantations, et ne s’achève qu’avec l’inscription au registre foncier.

Un exemple : l’usurpation d’identité

Ruben est propriétaire d’un terrain réglé. Un usurpateur se présente au Tabou sous son identité, muni d’une carte d’identité, d’un passeport ou d’une procuration falsifiés, et fait inscrire le terrain au nom de Siméon au titre d’une prétendue vente. Siméon ne s’est pas fié au registre, mais aux manœuvres de l’usurpateur : faute de s’être fié de bonne foi à l’inscription, son droit ne l’emporte pas sur celui de Ruben. Tout change si Lévi, un tiers, achète ensuite le terrain à Siméon à titre onéreux, en se fiant de bonne foi à l’inscription de Siméon comme propriétaire : le droit de Lévi prévaut, même si l’inscription était erronée. Ruben peut même perdre sa propriété, s’il est établi devant le tribunal que Lévi a acquis son droit sur ce terrain réglé à titre onéreux, en se fiant de bonne foi à l’inscription. C’est dire la force du registre foncier.

Vendre ou hypothéquer une partie d’un terrain : est-ce possible ?

Non. Une opération immobilière n’a d’effet réel que si elle porte sur une unité entière, reconnue par le registre foncier selon les règles de la division parcellaire. Sarah est propriétaire d’un dounam (1 000 m²) et souhaite vendre à Rébecca 500 m² délimités sur un plan (la moitié nord, par exemple) : cette vente ne peut pas être inscrite, et si la banque de Rébecca demande l’inscription d’une hypothèque sur ces 500 m², le Tabou rejettera sa demande. La vente d’une quote-part indivise, en revanche, peut être inscrite : un tiers, un quart ou la moitié des droits, Rébecca détenant alors sa part en tout point du terrain. De même, des époux propriétaires de leur logement le détiennent à parts égales et indivises : impossible d’inscrire l’un comme propriétaire de la chambre parentale et l’autre de la chambre des enfants. De même, le propriétaire d’un terrain bâti ne peut pas vendre séparément le terrain et la construction : ce serait une opération sur une partie déterminée du bien, et le terrain ne se vend pas indépendamment de ce qui y est fixé à demeure. La règle répond à un intérêt public : éviter le morcellement excessif des terres.

Ligne blanche fraîche sur une cour en béton, pétales de bougainvillier et un vélo
Une ligne au sol ne fait pas une opération : une opération immobilière n’a d’effet réel que si elle porte sur une unité entière. Sarah ne peut pas vendre à Rébecca 500 m² délimités sur un plan, et la banque qui demande une hypothèque sur ces 500 m² verra sa demande rejetée ; une quote-part indivise, un tiers ou la moitié des droits, peut en revanche être inscrite.

Les exceptions à la règle

  • Un appartement en copropriété : un seul terrain, de nombreux propriétaires. La division parcellaire découpe ce terrain en sous-parcelles (les lots), répartit les parties communes et en rattache certaines à tel ou tel lot, si bien que chaque lot devient une unité entière distincte. Dès la décision de mise en copropriété de l’immeuble, l’appartement devient un objet distinct de propriété, de droits et d’opérations, qui se vend comme une unité entière, sans opération séparée sur le terrain d’assiette.
  • La location d’une partie déterminée est permise : en colocation, chaque chambre peut être louée séparément.
  • Une servitude sur une partie déterminée du terrain : par exemple, un chemin précis qu’empruntent les fidèles de la synagogue voisine.
  • L’inscription en trois dimensions : par exemple, une ligne de métro qui passe sous le terrain.
Portail en fer fraîchement peint en vert, peinture qui goutte, pinceau posé sur le pot
Derrière un portail comme celui-ci, la règle connaît des exceptions : dès la mise en copropriété, l’appartement devient un objet distinct de propriété, de droits et d’opérations, et se vend comme une unité entière ; la location d’une partie déterminée est permise, chaque chambre d’une colocation pouvant être louée séparément ; et le chemin qu’empruntent les fidèles de la synagogue voisine peut faire l’objet d’une servitude sur une partie déterminée.

Cet article est fourni à titre d’information générale : il ne constitue pas un conseil juridique et ne saurait s’y substituer, pas plus qu’il ne recommande d’engager une procédure ou de s’en abstenir. Avant toute démarche, consultez un avocat qui exerce dans ce domaine. Pour éviter toute ambiguïté, l’utilisateur est seul responsable des conséquences de toute décision fondée sur les informations qui précèdent.

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