Qui décide vraiment : le comité ou les propriétaires ?
Imaginez votre immeuble : vieillissant, 2 ans de conversations de palier sur la rénovation, et soudain 1 voisin énergique en recrute 2 autres et se met à présenter le trio à un promoteur comme « le comité de l’immeuble ». La moitié de l’immeuble se réjouit que quelqu’un fasse enfin bouger les choses. L’autre moitié se demande, discrètement : qui les a mandatés, et que peuvent-ils vraiment faire en notre nom ?
La réponse surprend la plupart des propriétaires : un comité de rénovation urbaine n’a presque aucune assise dans le droit israélien, il dispose seulement d’un guide officiel. L’Autorité gouvernementale pour la rénovation urbaine publie un guide, « Principes pour la constitution d’un comité de propriétaires », et la plupart des règles que vous entendrez sur ces comités en proviennent : des recommandations officielles, non des règles de droit. La seule ligne juridique dure vient de la loi foncière elle-même. La voici en 4 chiffres.

Mais n’est-ce pas simplement le rôle du syndic de l’immeuble ?
Non : la nuance est essentielle. La loi foncière ne reconnaît qu’une seule structure de ce type, celle que votre immeuble possède déjà :
« Tout immeuble en copropriété disposera d’une représentation chargée de la gestion des affaires de la copropriété ; … » — Article 65 de la loi foncière, 5729-1969 (traduction non officielle)
Cette « représentation » légale n’est autre que le syndic bénévole de votre immeuble. Il naît de la loi, et son terrain d’action est la gestion courante de l’immeuble. Le comité des propriétaires est un animal différent : un groupe volontaire que les propriétaires élisent pour faire avancer un projet précis. Aucune loi de rénovation urbaine israélienne ne le crée. Le guide officiel comble ce vide, à condition de toujours se rappeler qu’il ne s’agit que de recommandations.
En résumé : le syndic bénévole tire son pouvoir de la loi. Le comité des propriétaires tire le sien du consentement, avec le guide officiel comme boussole.

Que le comité n’est-il pas habilité à faire ?
Signer en votre nom, ou trancher les grandes questions. Le guide officiel le dit sans détour :
« Le comité n’est pas une personne morale et n’est pas habilité à signer au nom des propriétaires ni à prendre de décisions substantielles dans le projet. » — Principes pour la constitution d’un comité de propriétaires, Autorité gouvernementale pour la rénovation urbaine (traduction non officielle)
Et l’ancrage légal ? L’article 69 de la loi foncière. Même le syndic bénévole, cette « représentation » que la loi elle-même a créée, ne détient qu’un mandat limité :
« La représentation sert de mandataire de tous les copropriétaires pour tout ce qui concerne l’entretien correct et la gestion de la copropriété, et elle est habilitée, en ces matières, à conclure des contrats… » — Article 69 de la loi foncière, 5729-1969 (traduction non officielle)
« En ces matières » — l’entretien et la gestion, pas plus. Une opération de rénovation, qu’elle démolisse et reconstruise l’immeuble ou le renforce et l’agrandisse, porte sur les droits des appartements eux-mêmes, bien au-delà de ce mandat. Et si cela vaut pour l’organe que la loi a créé elle-même, cela vaut a fortiori pour un comité de propriétaires volontaire : sans procuration expresse, personne ne signe à la place d’un propriétaire.
Qu’est-ce qu’une « décision substantielle » ? Le guide la définit ainsi : toute décision ayant un effet direct et significatif sur les résultats de la planification, la contrepartie attendue ou les coûts futurs, ainsi que tout changement notable des conditions de vie pendant le projet et après lui. Sur ces points, le comité doit réunir tous les résidents et les consulter avant toute décision.
En résumé : le comité mène la démarche ; seul le propriétaire signe l’accord. Cette limite ne bouge pas.

Alors, que peut décider le comité, et d’où vient ce pouvoir ?
Du contrat, et de lui seul. Le guide relève qu’un accord conclu avec un promoteur ou avec un initiateur du projet (méarguen), au sens de la loi sur la rénovation urbaine (accords d’organisation d’opérations), 5777-2017, comporte généralement un mécanisme accéléré autorisant le comité à trancher les questions courantes du projet. Et, dans le même souffle, vient la recommandation que l’on a tendance à manquer : limiter dans le contrat le rôle du comité aux seules décisions courantes, celles qui n’ont aucun effet substantiel sur le caractère du projet. C’est la clause que l’avocat des propriétaires verrouille à la rédaction.
Et l’ordre du jour d’un comité actif, concrètement ? Le guide en dresse la liste complète :
Le travail se fait presque toujours à titre bénévole, et s’étend sur des années. Le guide ne cache pas d’où vient réellement le pouvoir : la légitimité se construit sur la confiance, sur la traduction du langage professionnel en termes clairs, et sur la collecte des besoins des résidents pour les porter aux professionnels, pas sur un titre.
En résumé : le pouvoir du comité se fixe dans le mandat écrit et dans le contrat, pas dans les annonces. Le courant à l’intérieur, le substantiel à l’extérieur.

Comment mettre en place un comité dont le mandat tient la route ?
Lors d’une assemblée de propriétaires en bonne et due forme, avec un mandat écrit. Toute la mécanique figure dans le guide, à titre de recommandation : la convocation, avec date, heure, lieu et ordre du jour, parvient à chaque résident et propriétaire au moins 7 jours à l’avance, par le panneau d’affichage du hall, les boîtes aux lettres, les appels téléphoniques aux propriétaires qui vivent ailleurs, l’e-mail ou WhatsApp aussi. Lors de l’assemblée, on décide comment l’information sera partagée par la suite, en particulier avec les résidents âgés, les voisins qui ne lisent pas l’hébreu et les propriétaires absents ; tout est consigné dans un compte rendu diffusé à tous.
Et à partir de quand le comité est-il réellement habilité ? Voici le chiffre que tout le monde cite, et que peu savent sourcer :
« … le mandat écrit ne prendra effet qu’après la signature de 51 % des propriétaires, et restera en vigueur jusqu’aux élections suivantes. » — Principes pour la constitution d’un comité de propriétaires, Autorité gouvernementale pour la rénovation urbaine, p. 5 (traduction non officielle)
Remarquez où il vit : dans le guide, pas dans le recueil des lois. Et ne confondez pas ce seuil de mandat avec les majorités légales qui font avancer l’opération elle-même : elles font l’objet d’un article distinct, le degré de consentement que la rénovation urbaine exige des propriétaires.
Une précision que le guide recommande d’énoncer à voix haute lors de l’assemblée : signer le mandat n’engage à signer aucun accord ni à payer quoi que ce soit. Le mandat confère au comité le pouvoir d’agir ; rejoindre l’opération reste votre décision, prise par une signature distincte sur l’accord lui-même.
En résumé : une assemblée dûment convoquée, un texte de mandat présenté à l’avance, et les signatures de 51 % des propriétaires, voilà un comité difficile à contester.

Qui décide quoi ?
| La décision | Qui décide | D’où cela vient |
|---|---|---|
| Les questions courantes du projet | Le comité, lorsque le contrat l’y autorise | Un mécanisme fixé dans le contrat ; le guide recommande de le limiter aux affaires courantes |
| Décisions substantielles : planification, contrepartie, coûts | Tous les propriétaires, consultés au préalable | La définition du guide officiel (p. 4) |
| Signature de l’accord de rénovation | Chaque propriétaire personnellement, ou un mandataire expressément désigné | L’article 69 de la loi foncière limite le mandat à l’entretien et à la gestion |
| Gestion courante de l’immeuble | Le syndic bénévole, organe légal | Article 65 de la loi foncière |

Comment mettre en place un comité de propriétaires : 6 étapes
- 1Se lancer. Il suffit d’un propriétaire pour rédiger un ordre du jour et fixer une date d’assemblée.
- 2Informer tout le monde, au moins 7 jours à l’avance : panneau d’affichage, boîtes aux lettres, appels aux propriétaires qui vivent ailleurs, e-mail ou WhatsApp.
- 3Tenir l’assemblée et élire le comité, en présentant son rôle, les limites de son pouvoir et le texte du mandat.
- 4Recueillir les signatures sur le mandat. Selon la recommandation du guide, il prend effet dès que 51 % des propriétaires ont signé, et reste en vigueur jusqu’aux élections suivantes.
- 5Fixer les canaux de mise à jour et de tenue des comptes rendus : un compte rendu pour chaque réunion, diffusé aussi à ceux qui n’y étaient pas.
- 6Associer tôt l’avocat des propriétaires, choisi au terme de l’appel d’offres organisé que recommande le guide ; c’est lui qui verrouille les limites du pouvoir dans le contrat.

Ce qu’il faut vérifier avant de signer le mandat
Questions fréquentes
Un groupe de 3 voisins s’est présenté à un promoteur comme « le comité de l’immeuble », sans assemblée, sans signatures. Cela nous engage-t-il ?
Non. Un comité de propriétaires n’est pas une personne morale et ne peut pas signer au nom des propriétaires, c’est ce que souligne le guide officiel lui-même, et cela rejoint la loi : même le mandat du syndic bénévole est limité par l’article 69 de la loi foncière à l’entretien et à la gestion. Sans mandat écrit de votre part, il s’agit d’un groupe de voisins entreprenants, rien de plus.
L’initiative elle-même est bienvenue. Un mandat s’obtient lors d’une assemblée dûment convoquée, avec un mandat signé, et non par une déclaration faite à un promoteur.
J’ai signé le mandat. Est-ce que je me suis engagé envers le projet, ou à payer quoi que ce soit ?
Non. Le guide impose de préciser exactement cela au moment de la signature : signer le mandat n’engage à signer aucun accord, ni à payer quoi que ce soit. Il confère au comité un mandat pour organiser et faire avancer les choses ; la décision de rejoindre l’opération reste la vôtre.
La distinction : le mandat habilite le comité ; seul l’accord vous engage. Comptez-les : 2 documents, 2 signatures distinctes.
Notre comité veut approuver l’accord du promoteur pour tout l’immeuble, « pour ne pas faire traîner les choses ». Peut-il le faire ?
Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. Approuver l’accord d’un promoteur est une décision substantielle par excellence, avec un effet direct sur la planification, la contrepartie et les coûts selon la définition du guide, et une décision de ce type doit revenir à tous les propriétaires. L’accord lui-même est signé séparément par chaque propriétaire.
La véritable efficacité se trouve ailleurs : un mécanisme de décisions courantes bien défini dans le contrat, et des assemblées correctement organisées pour les grands moments. La rapidité vient du processus, pas d’un raccourci sur le pouvoir.
Un propriétaire vivant à l’étranger a appris l’existence de l’assemblée après coup et se sent mis à l’écart. Comment corriger cela ?
Revenez à la mécanique du guide, conçue précisément pour ce genre de situation : appel téléphonique aux propriétaires qui vivent ailleurs, mises à jour par e-mail ou WhatsApp, une décision explicite lors de l’assemblée sur les canaux d’information, et un compte rendu diffusé à tous.
Et si le mandat a déjà été signé sans lui ? Mieux vaut corriger que discuter : une nouvelle assemblée, une mise à jour complète et l’ajout de sa signature. La légitimité est l’actif le plus précieux d’un comité, et elle se construit, selon les mots mêmes du guide, sur la confiance et la transparence.
Nous avons un excellent syndic bénévole. Ne peut-il pas simplement faire aussi office de comité des propriétaires ?
Les mêmes personnes peuvent y siéger, mais la seconde casquette n’est pas automatique. Le syndic bénévole est l’organe légal prévu par l’article 65 de la loi foncière, et son mandat, sous l’article 69, se limite à l’entretien et à la gestion de l’immeuble. Une opération de rénovation, une opération portant sur les droits des appartements, sort de ce cadre.
Même un syndic bénévole actif et respecté a donc besoin d’une élection dédiée lors d’une assemblée de propriétaires, et d’un mandat écrit distinct, pour agir comme comité des propriétaires. Mêmes voisins, nouveau mandat.
Le comité organise. Vous décidez.
Un bon comité est le moteur du projet : il centralise l’information, construit le consensus et siège aux côtés de l’avocat à la table des négociations. Son pouvoir est un pouvoir d’emprunt : celui de votre mandat écrit, celui des limites fixées dans le contrat, et celui de la confiance construite assemblée après assemblée. Le cabinet Gottlib représente les propriétaires en rénovation urbaine : nous accompagnons la constitution du comité et la rédaction du mandat, nous verrouillons les limites de son pouvoir dans le contrat, et nous vous représentons auprès du promoteur, de la première idée à la remise des clés.

Vous vous organisez ? Vous avez déjà un comité, ou juste 1 voisin plein d’énergie ? Écrivez-nous sur WhatsApp : dites-nous où en est votre immeuble, et nous reviendrons vers vous avec une feuille de route détaillée. Nous accompagnons nos clients en anglais, à chaque étape.
Un comité ne s’improvise pas : on le construit. Une assemblée dûment convoquée, un mandat écrit clair et des limites de pouvoir verrouillées dans le contrat. Les propriétaires qui le mettent en place correctement dès la première assemblée gardent tout l’immeuble en mouvement, et avancent en toute sérénité.
Sources : la loi foncière, 5729-1969 — articles 65 et 69 ; « Principes pour la constitution d’un comité de propriétaires en vue d’organiser et de faire avancer un processus de rénovation urbaine » — Autorité gouvernementale pour la rénovation urbaine (publié le 7 avril 2019, mis à jour le 29 avril 2026) ; la loi sur la rénovation urbaine (accords d’organisation d’opérations), 5777-2017. Versions vérifiées à jour au 31 août 2026. Cet article est fourni à titre d’information générale : il ne constitue pas un conseil juridique et ne saurait s’y substituer. Avant toute démarche, consultez un avocat qui exerce dans ce domaine.
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