Financer un achat depuis l’étranger

Le chiffre qui détermine votre prêt ne dépend pas de vos revenus, mais de votre citoyenneté.

C’est la surprise la plus coûteuse que rencontrent les olim (nouveaux immigrants), et elle arrive le plus souvent trop tard : à l’agence bancaire, une fois le contrat signé. Une directive de la Banque d’Israël fixe qui obtient 75 % et qui obtient 50 %, et la définition retenue repose sur un seul mot. Cette page la décortique.

75 %, 70 %, 50 % : qui a droit à quel taux

La directive 329 de la Banque d’Israël sur la saine gestion bancaire fixe le taux de financement maximal qu’une banque peut accorder pour l’achat d’un logement : jusqu’à 75 % de la valeur pour un logement unique, jusqu’à 70 % pour un logement de remplacement et jusqu’à 50 % pour un logement d’investissement. Vient ensuite ce qui surprend. La directive définit le « logement unique » comme un logement acheté par un particulier ayant la citoyenneté israélienne, tandis que le « non-résident » y est défini, tout simplement, comme une personne qui n’a pas la citoyenneté israélienne. Le mot décisif est donc la citoyenneté : ni la résidence, ni le revenu. Une personne qui vit en Israël depuis deux ans sans citoyenneté et une autre qui l’a reçue à l’aéroport se trouvent de part et d’autre de cette ligne. Concrètement, en shekels : pour exactement le même appartement, le même acquéreur peut devoir réunir un apport personnel de 25 % ou de 50 %. Sur un bien de 2 000 000 ₪, l’écart atteint 500 000 ₪, et c’est une date qui en décide.

D’où l’enjeu : signer avant ou après l’obtention de la citoyenneté

Si le chiffre dépend de votre statut à la date du contrat, cette date devient une décision. Il ne s’agit pas d’une astuce, mais d’un ordre des opérations. Dans un achat auprès d’un promoteur, par exemple, plusieurs semaines séparent souvent le « formulaire d’inscription » de la signature du contrat, et cet intervalle constitue précisément votre marge de manœuvre. Trois questions se règlent avant de prendre le stylo : quel sera exactement votre statut le jour de la signature, s’il existe une fenêtre pendant laquelle il peut changer, et ce que devient le financement si l’opération prend deux mois de retard. Ces trois questions sont juridiques, non bancaires : la banque ne fait qu’appliquer le résultat.

Le second plafond : 50 % du revenu

La même directive fixe un second plafond, souvent oublié une fois l’attention portée sur le taux de financement : la mensualité ne peut dépasser 50 % du revenu disponible. Autrement dit, un emprunteur qui passe le test du taux de financement peut encore être arrêté à ce stade. Pour un acquéreur installé à l’étranger, ce point de friction est le plus concret, car ses revenus ne ressemblent pas, aux yeux du système israélien, à ceux d’un salarié local : fiche de paie en langue étrangère, revenus d’indépendant, primes, revenus dans une autre devise que le shekel. Les banques israéliennes ajoutent à la directive leurs propres politiques internes sur la prise en compte des revenus étrangers et les justificatifs exigés ; ces politiques varient d’une banque à l’autre et évoluent de temps à autre. Vérifiez auprès de la banque concernée, par écrit, avant de tabler sur quoi que ce soit.

Les fonds doivent arriver avant les échéances du contrat

Le transfert de sommes importantes de l’étranger vers Israël exige de documenter précisément l’origine des fonds, et les banques israéliennes examinent ce point avec sérieux. Un virement envoyé sans préparation peut rester bloqué plusieurs jours et retarder un paiement contractuel assorti d’une échéance ; or le contrat ne fait aucune différence entre des fonds qui manquent et des fonds simplement bloqués. Trois conséquences pratiques. Ouvrir le compte et réunir les justificatifs avant d’engager la négociation, et non en parallèle. Caler les dates de paiement du contrat sur les délais réels des virements, en tenant compte du décalage horaire et des jours fériés dans les deux pays. Et, dans une opération en devises, préciser dans le contrat quel taux et quelle date régissent la conversion, car sur une somme importante, l’écart entre le taux d’une banque et le taux de change représentatif officiel n’a rien de négligeable. Les exigences précises et les délais d’ouverture de compte varient selon les banques et évoluent. La règle, elle, ne change pas : s’occuper de l’argent avant de s’occuper du contrat.

Avant de pousser la porte de la banque : vos questions

01Je n’ai pas encore la citoyenneté israélienne. Puis-je malgré tout obtenir un prêt ?

Oui, mais aux conditions d’un logement d’investissement, soit jusqu’à 50 % de la valeur selon la directive 329, car la définition du « logement unique » vise un particulier ayant la citoyenneté israélienne. La vraie question n’est pas de savoir si vous obtiendrez un prêt, mais quel apport personnel prévoir, et à quelle date votre statut change.

02Mes revenus sont en euros. Est-ce un problème ?

Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela modifie les justificatifs et la manière dont les revenus sont pris en compte, et chaque banque applique sa propre politique interne. S’y ajoute le plafond fixé par la même directive : une mensualité limitée à 50 % du revenu disponible.

03Puis-je obtenir un accord de principe avant de choisir un appartement ?

Oui, et c’est même l’ordre à suivre. L’accord de principe fixe votre enveloppe, et la négociation se déroule ensuite dans des limites que vous connaissez déjà, au lieu de les découvrir après la signature.

Source : directive 329 de la Banque d’Israël sur la saine gestion bancaire, relative aux limites applicables aux prêts au logement, telle que modifiée par l’amendement n° 12 (février 2026) ; mise à jour : juillet 2026. Au-delà de la directive, chaque banque fixe sa propre politique en matière de prise en compte des revenus étrangers et de justificatifs, et cette politique évolue de temps à autre. Information générale, qui ne constitue ni un conseil bancaire ni un conseil en crédit : les conditions effectives s’examinent emprunteur par emprunteur, avec l’établissement prêteur.

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