Tous les articlesRénovation urbaine

Étape 5 : négocier les clauses essentielles avec le promoteur

Les clauses qui déterminent si le contrat vous protège réellement, et sur lesquelles les propriétaires gagnent ou perdent l’avantage en négociation.

Par Me Noam Gottlib, avocat

En résumé, voici les clauses essentielles à examiner lorsque vous négociez le contrat avec le promoteur, l’occasion pour vous, propriétaires, de savoir ce que vous devez surveiller avant de signer : la contrepartie, la répartition des coûts, les garanties obligatoires, les conditions suspensives, et les droits des personnes âgées et des publics à besoins particuliers.

La contrepartie et les coûts

Cette clause détaille ce que les propriétaires reçoivent en contrepartie des droits à construire cédés au promoteur : un logement neuf ou une solution de relogement équivalente (en renforcement et densification de l’immeuble, la surface ajoutée : pièce sécurisée (mamad), place de stationnement, balcon, cave et espace lave-linge, entre autres), la prise en charge du loyer pendant la période transitoire, le financement du déménagement, les honoraires de l’avocat des propriétaires, un fonds d’entretien qui allège, pour une durée limitée, les charges de copropriété du nouvel immeuble, ainsi que les impôts, taxes et redevances nés après la signature avec le promoteur. Une notice descriptive complète la clause de contrepartie et détaille les prestations techniques des logements, tant ceux des propriétaires que ceux du promoteur. Point essentiel : le contrat doit prévoir que l’ensemble des coûts annexes du projet incombe exclusivement au promoteur.

Un mètre ruban déroulé sur le sol en pierre d’un balcon neuf au garde-corps en verre, un olivier en jardinière et la mer au-delà
La clause de contrepartie détaille ce que reçoivent les propriétaires : un logement neuf ou une solution de relogement, et sur la voie du renforcement la surface ajoutée, pièce sécurisée (mamad), stationnement, balcon, cave. Avec le loyer de la période transitoire, le déménagement et un fonds d’entretien.

Les garanties

  • La démolition-reconstruction (pinouy-binouy) et la démolition-reconstruction d’un immeuble isolé (voie du renforcement) : une garantie renforcée au sens de la loi sur la vente, à hauteur de la valeur du logement neuf.
  • Le renforcement et la densification de l’immeuble : une garantie bancaire autonome (inconditionnelle) pour l’exécution du projet.
  • Une garantie de loyer : une garantie bancaire autonome qui sécurise le paiement des loyers jusqu’à la livraison du nouveau logement ;
  • Une garantie fiscale : une garantie bancaire autonome qui sécurise le paiement de tous les impôts, taxes et redevances mis à la charge des propriétaires par le contrat ;
  • Une garantie des malfaçons (bedek) : une garantie bancaire autonome qui sécurise la reprise des malfaçons, conformément au contrat et à la loi ;
  • Une garantie d’inscription : une garantie bancaire qui couvre les frais d’inscription au registre foncier (Tabou), y compris la radiation de l’ordonnance de copropriété existante, l’inscription de la nouvelle division parcellaire, l’inscription de la nouvelle copropriété et l’inscription des droits des propriétaires sur les nouveaux appartements.
  • Une garantie des frais de procédure : une garantie bancaire qui couvre les frais juridiques.
  • Une seconde garantie d’inscription : une garantie bancaire autonome qui sécurise la radiation de l’annotation préventive (héarat azhara) inscrite au profit du promoteur, en cas d’annulation du contrat.
Un plombier allongé sur une couverture de déménagement travaille sous le meuble vasque d’une salle de bains neuve, une boîte à outils ouverte et une tasse de café sur le rebord
La garantie des malfaçons (bedek) : une garantie bancaire autonome qui sécurise la reprise des malfaçons, conformément au contrat et à la loi.

Les conditions suspensives

La réalisation d’une opération de rénovation urbaine dépend de plusieurs facteurs : l’entrée en vigueur du contrat est donc soumise à des conditions suspensives cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas remplie dans le délai fixé, le contrat est réputé n’être jamais entré en vigueur. Voici les plus courantes :

  • L’accord de la majorité requise pour le projet ;
  • Un nouveau plan local d’urbanisme (TABA) pour l’ensemble immobilier, approuvé et publié pour entrée en vigueur, avec des droits à construire suffisants pour édifier les nouveaux bâtiments (en pinouy-binouy) ;
  • La désignation de l’ensemble comme « ensemble de pinouy-binouy », la condition d’accès aux avantages fiscaux (en pinouy-binouy) ;
  • Le permis de construire du projet ;
  • La signature de la convention de financement bancaire avec l’organisme finançant le projet.
Un jardinier plante des semis dans un massif de la cour d’un immeuble neuf aux balcons végétalisés, une pelouse, une pergola en bois et une femme lisant sur un banc
Ce qui attend au bout des conditions suspensives : l’immeuble neuf, habité. Le contrat n’entre en vigueur qu’une fois toutes remplies, dans le délai fixé : la majorité requise, le plan, la désignation, le permis, le financement.

Respecter les personnes âgées

La loi protège les propriétaires âgés. Si le promoteur ne leur présente pas les alternatives que la loi décrit (au moins l’une d’entre elles, et dès 75 ans la première), le propriétaire âgé peut refuser de participer au projet, et ce refus n’est alors pas considéré comme déraisonnable. Qui est concerné ? Deux catégories d’âge, 70 ans et plus ou 75 ans et plus, pour un propriétaire qui occupait le logement depuis au moins deux ans à la date de signature du premier contrat de rénovation urbaine de l’immeuble. Deux autres catégories peuvent également refuser si des alternatives équivalentes ne leur sont pas proposées : les personnes en phase terminale d’une maladie, et celles qui bénéficient d’une allocation de dépendance de niveau 5 ou 6 et occupaient déjà le logement à cette première signature.

À quoi la personne âgée a-t-elle droit ?

Dès 70 ans, le point de départ est la proposition d’un « logement de contrepartie », un logement dans l’immeuble rénové. Au-delà, les alternatives ci-dessous doivent être mises sur la table, faute de quoi le refus du propriétaire n’est pas considéré comme déraisonnable : pour un propriétaire de 70 ans et plus, au moins l’une des options suivantes, au choix du promoteur ; pour un propriétaire de 75 ans et plus, le choix entre les options de l’alternative 1 (les alternatives 2 et 3 peuvent s’y ajouter) :

  • Alternative 1.1 : l’installation en résidence pour personnes âgées, avec versement en espèces de la différence par rapport à la valeur du logement de contrepartie ;
  • Alternative 1.2 : l’achat d’un logement équivalent, situé aussi près que possible du domicile actuel si le propriétaire le demande ;
  • Alternative 1.3 : le versement d’une somme égale à la valeur du logement de contrepartie, que le propriétaire utilise en tout ou en majeure partie pour acheter un logement de remplacement.
  • Alternative 2 : deux logements plus petits dans le projet, d’une valeur cumulée égale à celle du logement de contrepartie ;
  • Alternative 3 : un logement de contrepartie d’une surface inférieure à celle du logement de contrepartie standard, la différence étant versée en espèces jusqu’à concurrence de la valeur du logement de contrepartie.
Une femme âgée avec un chariot écossais choisit une tomate à l’étal d’un primeur sous un auvent, dans une rue de quartier, des immeubles derrière
Parmi les alternatives pour la personne âgée : l’achat d’un logement équivalent, situé aussi près que possible du domicile actuel si le propriétaire le demande.

Publics à besoins particuliers

Lorsqu’un propriétaire, ou une personne qui vit avec lui, est en situation de handicap, un logement adapté à ses besoins pendant la durée des travaux, ainsi qu’un logement neuf conçu pour un accès sûr et autonome au logement et aux parties communes qui le desservent, doivent lui être proposés ; s’ils ne l’ont pas été, son refus n’est pas considéré comme déraisonnable. Il est recommandé que le promoteur prenne également en charge une partie des frais d’emballage, de déchargement et de remontage du mobilier, et, si nécessaire, qu’il aide à trouver le logement provisoire.

Un homme âgé avec une canne monte une rampe aux mains courantes en inox vers l’entrée d’un immeuble neuf en pierre, un olivier et des lavandes à côté
Pour un propriétaire en situation de handicap, ou une personne qui vit avec lui : un logement adapté pendant les travaux, et un logement neuf conçu pour un accès sûr et autonome au logement et aux parties communes qui le desservent.

Cet article est fourni à titre d’information générale : il ne constitue pas un conseil juridique et ne saurait s’y substituer. Avant toute démarche, consultez un avocat qui exerce dans ce domaine.

Cette question se pose dans votre dossier ? Écrivez-nous : vous recevrez une réponse sur le fond, pas une brochure.

Une source préférée, c’est voir plus souvent nos nouveaux articles dans « À la une » quand vous recherchez un sujet similaire. Et une belle façon de nous dire merci.

Ajouter en tant que source préférée sur Google (s’ouvre dans un nouvel onglet)

Informations générales, sans valeur de conseil juridique.

Par où commencer

Un entretien avec un avocat en rénovation urbaine, où que vous en soyez.

Un appartement que vous achetez ou vendez, un immeuble qui entre en rénovation urbaine, un contrat qui attend une décision. Laissez votre nom et un numéro de téléphone : un avocat confirmé de l’équipe vous rappelle, vous écoute et vous indique la marche à suivre, même lorsqu’elle ne passe pas par le cabinet. Nous accompagnons nos clients en anglais, à chaque étape.

Vos coordonnées arrivent directement au cabinet, et c’est un avocat de l’équipe qui vous rappelle, en anglais. Nous conservons vos coordonnées uniquement pour répondre à votre demande. Vous ne recevrez de communications commerciales que si vous avez coché la case ci-dessus.

Nous appeler : nous répondons personnellementNous écrire sur WhatsApp